JOUR 2 – Côté obscur
Les codes de la bombe atomique ne servent à rien. Etre président ne sert à rien. Avoir de l'argent ne sert à rien. Non.
Il suffit d'avoir un badge presse.

Quand on veut rentrer dans la Comic Con', en bousculant tout le monde et en grillant une personne à mobilité réduite, il suffit de présenter son badge presse. Quand on a faim et que la file d'attente de 100 personnes nous semble trop longue, nous montrons notre badge presse.
Quand on veut une dédicace d'une star, sans attendre et en se moquant des autres, il suffit de montrer son badge presse. Quand on veut les chaussures de quelqu'un parce qu'elles nous plaisent (je parle pour Emilie), il suffit qu'on présente notre badge presse et on nous les donne. Les gens se jettent devant nous afin de remplacer sous nos pieds ce sol un peu dur pour que nous puissions nous déplacer sur un revêtement plus moelleux.*
Avec tout cet afflux de pouvoir et de puissance qui nous tombe dessus, vous pourriez vous dire que ça nous monte à la tête. Et vous auriez raison de penser ça. En même temps, il y a quelque chose qui nous fait revenir à la réalité. Le RER B.
Quand on arrive dans le RER B et qu'on montre son badge presse pour récupérer une place assise, on nous regarde bizarrement. Quand on insiste pour rentrer dans une rame et qu'on présente son badge presse, on se fait insulter. Quand on demande aux personnes autour de nous de se décaler de vingt mètres parce qu'elles ne sentent pas bon la sueur, on se fait frapper.
Le badge presse, à la Comic Con', c'est l'anneau de Sauron. Dans la vraie vie, c'est juste un bout de carton.
Saloperie de monde réel.
*: Euh ouais. D'accord j'exagère. Ok. Mais j'ai le droit. J'ai un badge presse.