THE CAPTAINS
Bill Shatner qui écrit. Bill Shatner qui réalise. Bill Shatner qui est face à la caméra. Bill Shatner encore et toujours, des Bill Shatner partout. Enfin... William Shatner, au crépuscule de sa vie, rend visite aux autres capitaines de la saga Star Trek pour leur parler de leur carrière, de leur rapport à ce rôle, de leur statut d'acteur, de la vie, de l'amour, de la mort... et de Bill Shatner.
Quand le terme "bigger than life" a été prononcé pour la première fois chez nos amis anglo-saxons, c'est, même s'il nétait pas encore né, juste pour définir William Shatner. Le type est mégalo au dernier degré, mais doté d'un monstrueux sens de l'humour, affligé d'une peur incroyable de la mort, le tout empaqueté dans un corps autrefois beau et fort et aujourd'hui gras et fatigué (mais en bon état vu les 81 ans de l'homme), mais toujours dirigé par la volonté d'être un showman.
Shatner vs. Shatner
Quand Shatner se rend chez ses comparses, ça n'est pas tant pour les mettre en lumière que se mettre lui même en lumière à travers eux. Shatner a une relation conflictuelle avec Kirk, personnage qui l'a marqué à vie. Il a du mal à le prendre au sérieux, il est fatigué qu'on l'appelle James T.Kirk dans la rue ou qu'on lui hurle "Beam me up, Scottie". En allant voir les autres interprêtes des capitaines de Star Trek, il cherche avant tout à valoriser son propre travail, à accepter cette fatalité, et mieux, à l'apprécier.
En même temps, il aurait juste fallu lui dire que si les gens ne doivent pas se souvenir de lui comme James T.Kirk, ça risque d'être T.J. Hooker pour le convaincre rapidement.
Certains échanges, avec Patrick Stewart et Kate Mulgrew sont assez enrichissants, parfois émouvants. Quand Shatner tente de faire résonner son expérience personnelle avec la leur, les confronter aux horaires de travail qu'imposent une série, et qui empêchent d'avoir une famille, c'est pafois assez touchant, ou surprenant.
Comme lorsque Patrick Stewart confie que son travail est sa vie, et que sa famille a toujours passé au second plan. Ou bien encore lorsqu'il explique que c'est grâce au tournage de Next Generation qu'il a appris à voir ce métier comme un amusement, et pas seulement comme un travail sérieux.
Kate Mulgrew, qui explique le fond de sa pensée sur la différence entre les hommes et les femmes, sous entendant qu'il est impossible pour une femme d'avoir un poste à haute responsabilité à cause des hormones (ahem...).
"La plus belle femme ayant jouée dans Star Trek"
Alors oui, Shatner est parfois fatiguant, parfois trop présent, et il nous gratifie de la question la plus longue de l'histoire des interviews (3 minutes montées pendant lesquelles ont se demande si on ne va pas perdre défintivement Patrick Stewart). Mais il est drôle. Un spécimen à part entière. A hurler de rire: la suite de saynètes où on le voit croiser trois actrices ayant jouées dans la franchise à une convention (dont Jeri Ryan), et à chaque fois, ce vieux filou de Shatner leur sert un "la plus belle femme ayant jouée dans Star Trek", tout en regardant la caméra.
En fait, le titre est faux. Ca n'est pas The Captain...
C'est le "William Shatner show with some other people listening to him and occassionally speaking".
Mais ça n'est pas désagréable.
PS: Sinon, les pantashorts sont cools. La preuve, Patrick Stewart en porte sur une scène de convention. Lâchez-vous en pantashorts.
Dominique